CONFINEMENT: INTERVIEW À DISTANCE AVEC LE CRITIQUE ET BLOGUEUR CULINAIRE DE MARSEILLE EN BOUCHE

Il officie dans la Cité Phocéenne depuis plusieurs années, toujours masqué, pour pouvoir tester les bonnes ou mauvaises adresses discrètement avant de les indiquer sur Instagram et son blog Marseille en Bouche. Alors qu’il travaille dans un tout autre domaine, il s’adonne pleinement à sa passion, qui mêle dégustations et écriture, au point d’envisager d’en faire dès que possible son métier. Le confinement le décidera peut-être à franchir le cap. En attendant de le retrouver autour d’une table à Marseille, on l’a interrogé à distance.

 

En critique et blogueur masqué, quel masque portes-tu pour sortir et lequel porteras-tu au déconfinement ? Au sens propre et au figuré. Changeras-tu notamment de métier pour t’adonner pleinement à ce qui n’est encore aujourd’hui qu’une passion ?

Actuellement, quand je sors, je porte un masque de (cochon) passionné qui essaye de faire vivre les restaurateurs et artisans locaux qui maintiennent une activité, en profitant de leur système de livraisons et/ou ventes à emporter. Je compte garder ce même masque à la sortie de ce confinement en allant, encore plus assidûment, manger à l’extérieur pour relancer l’économie gastronomique. De manière sanitaire et plus concrètement, j’ai retrouvé une vieille boîte de masques périmés chez moi que j’utilise depuis le début de cet isolement, vestige d’une époque où je peignais à la bombe, une autre passion… Mon métier est à mille lieues de ma passion. Ma plus grande ambition, ma plus grande motivation, exacerbée pendant cette période de réflexion, serait effectivement de pouvoir vivre de ma passion pour la food, que cela soit en tant que critique ou conseiller pour mettre à profit mes courtes années d’expérience et mon modeste travail d’écriture.

Comment vois-tu ton blog après le confinement ? A ton avis, comment va se passer l’après dans le milieu de la restauration ? Au-delà des fermetures y aura-t-il du positif ?

Après le confinement, je vais axer davantage mon blog sur le partage et la rencontre. Attention, je précise que je ne veux en aucun cas rentrer dans un système de collaboration ou de sponsoring avec des marques / des restaurants (comme beaucoup le font, ne nous le cachons pas !) mais plutôt faire davantage participer mes abonnés à des tests ou rencontrer d’autres influenceurs (et pas que de Marseille !) avec le même mindset par exemple. A mon avis, le nombre de fermetures définitives de restaurants sera malheureusement colossal et ce sont les plus petits qui trinqueront en premier, ceux qui ont peu d’avance de trésorerie, ceux qui n’ont pas pu ou su s’adapter à la situation… Pour ceux qui survivront, les mesures sanitaires seront bien évidemment plus strictes et les contrôles renforcés : certains verront leur capacité réduite quand d’autres feront appliquer la distanciation sociale ou même imagineront des tables séparées par des plaques de plexiglass. J’imagine très peu de positif à la sortie de ce lourd début d’année. Plus d’humanité et d’entraide peut-être, en espérant que cela perdure !

Globalement ou plus personnellement que retiens-tu de positif de ce confinement ?

Personnellement, cela m’a permis de cuisiner, beaucoup cuisiner ou plus particulièrement “pâtisser”. Dès la première semaine de quarantaine, je me suis attaqué à la tarte citron & basilic de Jacques Génin; la semaine d’après, à la tarte chocolat “Rendez-vous” de Jean-Paul Hévin; la semaine d’après, à la tarte tropézienne de Laurent Favre-Mot, etc. Bref, vous avez compris, de ce confinement est née une obsession de la tarte ! Loin de moi l’idée de concurrencer l’une des meilleures fabriques à tartes de Paris, à savoir Bontemps mais quand même…

Plus globalement et plus philosophiquement, cela m’a permis de confirmer que ce sont nous les acteurs pour faire bouger les choses et qu’il ne faut rien attendre de personne, encore plus dans ces temps difficiles.

Pendant ce confinement, quel plat ou aliment te manque le plus ?

Les petits plats à partager des Akolytes aux Catalans.

 

Quelle adresse te manque le plus ?

Yima bien évidemment mais heureusement qu’Ella Aflalo nous partage ses recettes sur son compte Instagram !

Quelle adresse regrettes-tu de ne pas avoir fait avant ?

Le Parpaing Qui Flotte ou Orphéon : pour tout vous dire, je n’y suis pas encore allé…

Quel est ta meilleure recette du confinement ? Quelle est celle que tu ne pensais pas réussir et que le temps t’a permis de réaliser ? Et quelle est celle que tu veux réussir à faire avant la fin du confinement ?

La meilleure recette de confinement sera la prochaine… La recette que je ne pensais pas réussir et que le temps m’a permis de réaliser est la babka chocolat & noisettes de la toute nouvelle boulangerie parisienne Babka Zana et enfin, la recette que je veux réussir à faire avant la fin du confinement est la tarte à la rhubarbe de Philippe Conticini.

Quelle est la première chose que tu feras en reprenant une vie normale ?

Dès la reprise de la vie “normale”, je profiterai des restaurants avec un extérieur, de la Grotte dans les calanques de Callelongue à l’Auberge du Corsaire Chez Paul au port des Goudes et j’irai boire un verre en terrasse, du rooftop de l’hôtel Les Bords de Mer et à celle de l’hôtel Intercontinental.

Ton mot de la faim ?

Je le fais depuis quelques années maintenant et n’ai pas attendu le Covid-19 : “Sortez masqués!” comme dirait Christophe Dechavanne.

 

Découvrir les adresses de Marseille en Bouche sur Instagram : https://www.instagram.com/marseille_en_bouche/

Découvrir les adresses de Marseille en Bouche sur son blog : http://www.marseille-en-bouche.fr/

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